Les opportunités du FBP en RDC

Les 60 participants du cours avec le Secrétaire Général

Le 75ème cours FBP International est déroulé du 8 au 20 octobre 2018 à Kinshasa en République Démocratique du Congo, réunissant 60 participants du niveau central.

Ici le rapport du cours. 

La statut de la santé de la population en RDC n’est pas bon suite aux multiples problemes. La mortalité maternelle est élevée, il existe un taux élevé de la malnutrition et des problemes de santé reproductive aussi pour les adolescents. Il n’existe pas encore une stratégie convaincante pour associer le secteur privé dans le système de santé qui représente dans les grandes villes comme Kinshasa plus de 80% des prestations.

L’arbre qui marche dans le Jardin Botanique de Kisantu

Le gouvernement et les partenaires jusqu’à récemment ont opté pour une planification centralisée des médicaments et d’autres intrants à travers les monopoles publics du Système National de Médicaments et les Centrales de Distribution Régionales. Plusieurs partenaires utilisent les CDR pour la distribution de leurs intrants ou importent les intrants à travers leurs organisations logistiques parallèles. Comme conséquence, plusieurs études (et confirmé par les participants au cours FBP de Kinshasa) ont constaté des ruptures de stocks dans les formations sanitaires ainsi que l’existence d’un marché pharmaceutique non régulé qui met en danger la vie des patients. Les partenaires et le gouvernement ont mobilisé des milliards de dollars, mais à travers l’achat centralise des intrants au lieu d’investir l’argent à travers l’achat stratégique dans l’économie locale auprès des formation sanitaires et la communauté. Cela a bloqué, depuis des décennies, la possibilité de créer des effets économiques multiplicateurs et ainsi de créer des centaines de milliers d’emplois pour le personnel de santé.

Face à cette situation alarmante, le gouvernement a fait un choix stratégique en 2016 pour l’approche de réforme « financement basé sur la performance » qui a eu déjà de bons résultats (publiés dans des revues scientifiques) comme projet pilote entre autres dans la province de Sud Kivu depuis 2005. Il ne semble pas exister un plan B en dehors de l’approche FBP car il opte clairement pour la décentralisation du niveau de prise de décision, pour la bonne gouvernance à travers la séparation de fonctions, pour un partenariat public-privé amélioré ainsi que pour casser toutes formes des monopoles néfastes dans l’approvisionnement et la distribution des intrants.

Le discours du chef de village Nganda 75

La Cellule Technique Nationale FBP a été mise en place avec un équipe sélectionné d’une manière concurrentielle sur base de leurs profils et de leurs expériences du terrain en FBP. Cette CTN-FBP a aussi proposé des stratégies appuyant les Zones de Santé affectées par l’épidémie d’Ebola en 2018 ainsi que le démarrage du FBP pour 3 millions d’habitants de Kinshasa à travers des contrats de performance principalement avec les prestataires privées. Jusqu’à ici, autour de 13 millions d’habitants bénéficient du système de réforme FBP et l’ambition est de mettre progressivement à échelle le FBP en RDC.

Pour avancer, il faut augmenter la masse critique des experts en FBP en RDC et le gouvernement a décidé à former les cadres de niveau central. La formation a commencé le 5 et 6 Octobre avec un atelier de deux jours pour 20 directeurs du Ministère. Cet atelier était suivi par un cours FBP de 14 jours, du 8 au 20 Octobre 2018, assisté par 56 participants principalement du niveau central, dont trois représentants des partenaires et un représentant du Ministère des du Travail et de la Protection Sociale. D’autres formations sont prévues pour le niveau provincial et les EUP en Janvier 2019.

L’impact du cours RBF s’est reflété dans la bonne qualité des plans d’action des groupes (voir le présent rapport). Le score moyen de posttest était de 72%. Cela signifie un progrès de 32% par rapport au prétest qui a connu un score de 40%. Sept participants ont obtenu la distinction pour leur test final avec un score de 87% ou plus. La facilitation, la participation et le respect du temps étaient évalué comme satisfaisant par les participants avec des scores de respectivement 93%, 94% et 92%. Par contre, le centre de formation Nganda n’était pas à la hauteur avec plusieurs problèmes de l’électricité et de la système de sonorisation, de l’eau souvent manquant et des chambres de mauvaise qualité.

Produit du jardin botanique de Kisantu

L’évaluation finale du cours par les participants ont démontré que la préparation du cours était bonne, la durée du cours était considérée OK par 81% des répondants, la méthodologie était bonne, mais le temps imparti pour les exercices et les discussions étaient considéré trop court. En général le contenu du cours était apprécié, mais le temps pour l’outil indices et l’économie de santé était considéré trop court pour certains participants.

Recommandations du cours

  1. Le financement pour le programme FBP en subsides pour les FOSA en 2017 était encore trop faible avec USD 1.08 par personne par an ainsi que les dépenses pour les EUP à USD 0,53. Il est souhaitable de les augmenter vers respectivement USD 2-3 pour les FOSA et vers USD 1 par personne et par an pour la vérification des résultats à travers les EUP, les DPS, les ECZS, les IGS et d’autres directions du niveau central
  2. Continuer de réaliser le changement le paradigme « input »qui signifie l’achat centralisé des intrants par celui du paradigme « outputs »ou « performance » ce qui signifie qu’on contractualise, on vérifie et on paie pour des résultats et de la performance déjà réalisés.
  3. Injecter au moins 70% du budget public disponible du gouvernement et des partenaires directement dans les structures décentralisées(les CS, les hôpitaux et les communautés). Cette approche est plus efficiente à travers la meilleure connaissance des acteurs économiques décentralisés de l’offre de soins sur leurs besoins ainsi que l’importance pour créer des effets économiques multiplicateurs pour la croissance économique et la création de l’emploi dans l’économie locale du pays. Il s’agit d’un changement de paradigme pour inverser la tendance de centraliser les décisions d’allocation des ressources. Il est illustré dans la figure suivante.
  4. Les problèmes de malnutrition en RDC sont complexes et n’affectent pas seulement les jeunes enfants, mais aussi les adultes spécialement les femmes enceintes et allaitantes. Les conséquences sont lourdes et hypothèquent l’avenir du pays. Tous ces problèmes sont étroitement liés à un approvisionnement inadéquat en intrants nutritionnels : a. L’absence d’une industrie de production d’aliments de complément nutritionnel pour les enfants de 6-23 mois ; b. La non intégration des produits de nutrition sur la liste des médicaments essentiels et c. ; La continuation du monopole de distribution des intrants et médicaments par les centrales de distribution régionale (CDR).
  5. Ainsi nous proposons : a. L’achat décentralisé des intrants de nutrition par les FOSA ; b. L’intégration des aliments thérapeutiques parmi la liste des médicaments essentiels ; c. Intégrer des indicateurs curatifs pour la malnutrition au niveau du PMA et PCA ; d. Création d’une industrie privée de production des aliments thérapeutiques et d’aliments de complément pour l’alimentation complémentaire des enfants et ; Renforcer les capacités de la communauté pour la fabrication composée à partir des céréales locales.
  6. Existence de plusieurs outils d’assurancequalité au sein du Ministère de la santé : Il sied de souligner la présence des outils d’évaluation de la qualité décrit dans la démarche qualité intégrée (DQI) adoptée par le Ministère de la santé et l’outil de revue de la qualité FBR utilisé par la CTN et PDSS. Ainsi il faut les harmoniser.
  7. Montage institutionnel. La CTN est actuellement attachée à la Direction des Études et de la Planification. Cela limite la coordination avec les autres Directions et programmes du niveau central. Il soit mieux de loger la CTN et l’Unité de Contractualisation au cœur du Secrétariat General. Il faut analyser comment établir cette Unité de Contractualisation : soit l’intégrer dans des structures déjà existant comme la Cellule de Suivi et d’Évaluation ou un autre montage institutionnel. Confère au montage ci-dessous. Les autres changements principaux du nouveau montage institutionnel sont : a. l’implication de l’IGS et des IPS comme structure de contre-vérification ; b. l’établissements de Comité de Validation de Zones de Santé ; c. La vérification mensuelle des données output par l’EUP.Existence des structures de santé avec un plateau technique incomplet PMA et PCA. En plus, les indicateurs du PMA et PCA devraient être revu et élargi pour couvrir toutes les activités clés curatives, santé publiques et préventives au niveau primaire et hospitalier.
  8. Approche communautairecentrée principalement sur les relais communautaires dans un contexte de volontariat. Ainsi il faut introduire l’approche FBP communautaire à travers des incitations pour des indicateurs comme la Visite à Domicile, suivi des abadons, identification des vulnérables et malnutris, etc.
  9. Signer les contrats de performance entre une unité de contractualisation logée au Secrétariat Général avec les Directions, Cellules et Programme du Ministère ;
  10. Que le Gouvernement recommande l’alignement obligatoire de tous les partenaires de la santé derrière l’approche FBP et l’achat stratégique des outputs/performances
  11. Que le Gouvernement puisse ouvrir des lignes budgétaires pour appuyer l’approche FBP ;
  12. Tous les représentants des Directions, Cellules, Programmes ou Partenaire présent au cours FBP ont proposé de faire une restitution auprès de leurs organisations respectives ;
  13. Mettre en place des mécanismes incitatifs pour améliorer la répartition des ressources humaines (équité)
  14. Mener un plaidoyer pour l’intégration du PBF dans les autres secteurs : enseignement, travail et prévoyance social, eau et assainissement (Responsable : Gouvernement) ;
  15. Éviter d’imposer les prix plafonds sous prétexte de répondre à une préoccupation sociale liée à l’appauvrissement de la population.
  16. Intervenir à travers le subventionnement ciblé des prestations pour améliorer l’accessibilité financière aux soins ;
  17. Intégrer les aspects de sanction en lien avec les financements ascendants dans le manuel PBF ;
  18. La question de confidentialité PF, VIH et SAA sera prise en compte dans tous les documents régaliens.

 

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